Y’EN A POINT COMME NOUS

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La Tribune de Genève du 16 mars nous apprend que notre premier procureur de la République, n’ayant pu démontrer le bien-fondé de sa thèse de corruption impliquant feu le roi Abdallah d’Arabie saoudite et l’ancien roi d’Espagne Juan Carlos, chercherait désormais à démontrer que le premier nommé aurait versé en cadeau la somme de 100 millions de dollars au second, en gérant de manière déloyale les intérêts publics de son pays. https://www.tdg.ch/yves-bertossa-soupconne-lancien-roi-darabie-saoudite-de-gestion-deloyale-des-interets-publics-526618987524

En d’autres termes, notre ministère public cantonal considère qu’un roi d’Arabie saoudite n’a pas à faire un cadeau de cette envergure, sans se voir reprocher, en Suisse, lieu d’arrivée de cette donation, d’avoir violé ses devoirs envers l’état dont il est le souverain.

Pour pouvoir parfaire sa démonstration, notre premier procureur s’est adressé à l’Institut suisse de droit comparé, avec pour mission de rechercher ce que dit à ce sujet le droit saoudien. Imaginant sans doute que la justice saoudienne, saisie des même faits, aurait, de son vivant, poursuivi et condamné le roi Abdallah.

Permettez-moi d’exprimer ici ma perplexité. Notre ministère public est-il à ce point désoeuvré pour vouloir instruire, aux frais des contribuables genevois, une procédure qui, non seulement ne nous regarde pas, mais qui, de surcroît, ne vise qu’à parfaire l’action répulsive de Genève à l’égard des grandes fortunes de ce monde, orchestrée par des bien-pensants, dont les impôts cumulés permettraient tout juste à financer les statistiques sur la précarité dans notre canton?

Notre justice a-t-elle la folie des grandeurs pour vouloir donner à Genève le rôle de place moralisatrice mondiale? Calvin est-il revenu parmi nous?

Souvenons-nous de l’affaire Mikhaïlov, en 1998, qui a finalement coûté à Genève 800’000 francs de dommages-intérêts après un acquittement retentissant. Là encore, notre ministère public considérait avoir pour vocation de faire de notre canton un justicier international.

Pendant ce temps, depuis le 17 novembre 2014, les victimes de l’incendie du foyer des Tattes, attendent de connaitre les conclusions de l’enquête pénale.

On ne peut sans doute pas s’occuper à la fois des rois et des réfugiés. Le choix semble avoir été fait.

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