La transparence mise à mal par le Conseil administratif de la Ville de Genève

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A croire que la transparence politique sur des intérêts publiques n'existe nul part et que les lanceurs d'alerte vivent une période de grande répression.

 

 "Trois élus genevois convoqués par la police dans l'affaire des notes de frais.

Trois conseillers municipaux de la Ville de Genève ont été convoqués par la police jeudi dernier, révèle mercredi la Tribune de Genève. Ils ont été interrogés dans le cadre d'une enquête pour violation du secret de fonction présumé en lien avec l'affaire des notes de frais des fonctionnaires.

C'est une démarche quasi inédite. Les trois conseillers municipaux ont été interrogés au poste de police, auditionnés en tant que personnes appelées à donner des renseignements.

 

Tous ont également dû remettre leur téléphone aux enquêteurs sur ordre du procureur général selon la Tribune de Genève, et cela malgré l’immunité parlementaire dont bénéficie deux des élus entendus puisqu’ils sont aussi membres du Grand Conseil.

 

Un rapport explosif

Il leur est reproché d'avoir violé le fameux secret de commission en divulguant dans la presse un rapport confidentiel du contrôle financier interne sur les notes de frais des fonctionnaires. Ce rapport explosif, dont la RTS s'était d’ailleurs procurée une copie en décembre dernier, expliquait notamment que près de la moitié des justificatifs analysés n’étaient pas conformes aux règlements.

 

Cette fuite n’avait pas été du goût de l’Exécutif de la Ville qui avait donc porté plainte dans la foulée pour violation du secret de fonction.

 

Contactés par la RTS, les élus mis en cause préfèrent ne pas s'exprimer à ce stade. Mais Romain Jordan, l'avocat de l'un des municipaux concernés, explique dans Forum que son client a été "choqué par l'acte qui représente une certaine violence institutionnelle". "Maintenant, il est déterminé à faire respecter ses droits et l'intérêt public et à obtenir la reconnaissance de sa pleine innocence".

 

"La protection des lanceurs d'alerte"

"Faire respecter l'intérêt public", c'est aussi ce que pensent plusieurs élus contactés mercredi. Certains y voient même un "mauvais signal pour la démocratie", à l’instar de la Municipale d’Ensemble à Gauche Maria Perez pour qui c’est "la protection des lanceurs d’alerte" qui est interrogée dans cette affaire.

 

A l’inverse, le coprésident du PS de la Ville de Genève Sylvain Thévoz trouve ces interrogatoires " plutôt rassurants": "Cela prouve que le fonctionnement des institutions est respecté"

 

Quant à l'Exécutif de la Ville, à l'origine de la plainte, il ne fait aucun commentaire, procédure judiciaire en cours oblige."

 

Adrien Krause/vkiss

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