27/07/2014

Préférence nationale ou cantonale ; et si on commençait par le début de l’histoire ?

En réponse à mon collègue Eric Bertinat, Conseiller municipal UDC, un peut d’historique est nécessaire, car en effet depuis de très nombreuses années, le peuple de Genève  est, petit à petit, « envahi » par l’apport de travailleurs et travailleuses venant de la zone franche française voisine et ce depuis les années septante.

 

Il est utile de rappeler qu’il y a 200 ans, pour désenclaver la Ville de Genève, la France et le royaume de Sardaigne cèdent du sol à Genève et acceptent également de reculer leurs douanes à distance de la nouvelle frontière.

 

Les zones franches voient donc le jour et sont toujours en vigueurs aujourd’hui, malgré quelques péripéties.

 

Tout cela donne un éclairage et une vision qui démontre que notre Ville de Genève, puis le canton de Genève, ont aussi gagné au fil du temps à cet élargissement, sur le plan économique et social.

 

Mais ce qui était un apport raisonnable de travailleurs et travailleuses venant des zones franches, à brusquement changé, avec les accords bilatéraux en 2002.

 

En effet le nombre de « frontaliers » à considérablement augmenté, passant de 13'700 en 1970  à 88'500 aujourd’hui, déséquilibrant, considérablement, le marché du travail genevois ; et sur les 298'214 emplois en équivalents plein temps, près de 90'000 emplois occupés par des soi-disant « frontaliers », est incroyablement excessif.

 

Dans le même temps le nombre de chômeurs et de sans emplois à Genève reste très élevés et ils se retrouvent à la charges de l’Etat, donc du contribuable.

 

Toute chose égale par ailleurs, le nombre de chômeurs en 1970 étaient de 9 personnes, le taux remonte à la fin des années 1970, malgré que le PIB soit orienté à la hausse.  Le nombre de chômeurs atteint un nouveau pic à mi-1982, un peut moins de 1'000, ensuite le nombre dechômeurs passe à 2 500 en janvier 1984.

 

Malgré la reprise économique, le nombre de chômeurs ne redescend pas, suivant encela un effet d’hystérésis, qui indique la persistance d'un phénomène alors que sa cause principale a disparu.

 

C’est la crise de la première moitié des années 1990 qui va bouleverser la situation dans le canton, car en cinq ans, le nombre de chômeurs est multiplié par huit, passant de 2 100 à 16 100 entre janvier 1990 et janvier 1995.

 

 

 

Il faudra attendre 1999 pour que le nombre de chômeurs inscrits repasse sous la barre des 10 000 personnes à Genève. Mais le repli n’est que provisoire et le nombre de chômeurs reprend l’ascenseur de 2002 à 2005, malgré une situation économique globalement favorable, caractérisée par une croissance marquée du PIB et de l’emploi.

 

 

 

 L’arrivée massive de main-d’œuvre en provenance des pays de l’UE/AELE, conformément aux mesures de libre-circulation des personnes instaurées dans le cadre des accords bilatéraux, qui a été durant ces années nettement supérieure à Genève par rapport à la moyenne nationale, a sans aucun doute joué un rôle, en bouleversant complètement le degré de concurrence sur le marché du travail genevois.

 

 

 

Les derniers chiffres du chômage à Genève relèvent un nombre de 12'741, mais surtout de 15'433 demandeurs d’emplois.

 

Je pars du principe, que la première problématique, consiste à freiner l’arrivée de nouveau travailleurs étrangers sur le marché de l’emploi genevois et à donner la préférence aux genevois et habitants de Genève, installés. Je ne vois pas comment, le fait de favoriser directement les Confédérés, venant de Berne, Zürich ou ailleurs va permettre, ne serait-ce que marginalement, de trouver les solutions pour remettre en emploi l’inadmissible volant de chômeurs et sans emplois de Genève. Les genevois habitants en France voisines sont considérés comme des genevois.

 

Petite cerise sur le gâteau, la « Préférence cantonale » est conforme aux accords bilatéraux selon le SECO ; alors que la « Préférence nationale » ne l’est nullement ; hélas peut-être, mais en l’absence de dénonciation desdits accords, bien réels.

 

 

 

Daniel Sormanni

 

Député au grand-Conseil de Genève

 

Conseiller municipal Ville de Genève

 

16:04 Écrit par Daniel Sormanni dans Air du temps, Citoyens, Economie, Emploi, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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