30/08/2012

FRONTALIERS : LES ILLUSIONS PERDUES

FRONTALIERS :  LES ILLUSIONS PERDUES

 

Nous avons découvert avec beaucoup d’étonnement l’article de la « Tribune de Genève » qui prétend que « Les employeurs préfèrent les Genevois aux frontaliers » (24 juillet 2012). En tant que secrétaire général du Syndicat des employés genevois (SEGE), seul syndicat qui défend les travailleurs résidents genevois, je me trouve face à une réalité tout à fait différente. Des cas concrets contredisent très nettement la thèse défendue par l’Université de Genève, qui se fonde sur un test de CV. Cette étude, très partielle et réductrice, n’aurait pas dû faire l’objet d’une conclusion générale, prétendant qu’il n’y a aucun problème sur le marché de l’emploi à Genève. En effet, la réalité a la vie dure. Il y a bien 80'000 frontaliers, en hausse constante depuis vingt ans, plus particulièrement avec les Bilatérales et la disparition de la Commission tripartite. Je me souviens de l’époque où on promettait aux ouvriers et employés genevois qu’il n’y aurait jamais plus de 25'000 frontaliers à Genève. Une illusion, une de plus… Nous sommes d’autant plus surpris que la synthèse de l’étude n’apporte aucune précision et donne la fâcheuse impression que l’on a tiré des conclusions expéditives d’un vrai problème, en faisant preuve d’une grande légèreté. On ne peut se moquer des citoyens qui souffrent de la concurrence excessive régnant dans le marché de l’emploi genevois. Dans l’attente de la publication de l’étude complète, le syndicat SEGE est loin d’être rassuré.

Daniel Sormanni

Secrétaire général du SEGE

14:52 Écrit par Daniel Sormanni dans Air du temps, Citoyens, Economie, Emploi, Humeur, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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